Quand buhari dit la vérité au « jeune frère » d’alpha condé

Ce discours n’est pas passé sous silence. Mahmadou Buhari s’exprime comme un président occidental. En s’adressant à l’ambassadeur du Togo en poste à Abuja, il a voulu envoyer un message à Faure Gnassimgbé qui ne semble pas comprendre la nécessité d’aller à une véritable démocratie. Y   prêtera-t-il une oreille attentive ? Le temps nous permettra de le savoir.

En attendant, nous pouvons focaliser notre réflexion sur trois personnalités dans cette crise togolaise. D’abord l’homme fort de Lomé, arrivé au pouvoir en 2005 à la suite de la disparition de son père, gagne toutes les élections, grâce à l’armée qui lui est fidèle. L’armée au sein de laquelle son père a évolué et qui lui a permis de mettre un terme au pouvoir de Sylvanus Olympio, les 12 et 13 janvier 1963. Des civils y sont tués. Le sud et le nord du pays restent opposés. L’opposition fait et fera ce qu’elle peut, elle aura de la peine à faire des miracles, aussi longtemps que celui qui n’a su épargner son demi-frère Kpatcha Gnassimgbé se montrera sourd et inflexible devant toutes les manœuvres en cours pour démocratiser entièrement la sous-région.

Faure est malheureusement le président en exercice de notre communauté économique des Etats d’Afrique de l’ouest pour cette période. Ne demandons pas s’il œuvre à quelque chose de sensé depuis qu’il est là. Il doit d’abord se soumettre à la médiation du premier président arc en ciel de la Guinée. Drôle de situation, notre (piroguier national en manque de pagaie) ndlr, Alpha est celui qui offre sa médiation à ce petit pays frontalier au Bénin démocratique de Patrice Talon. Il ne peut encore organiser chez nous des élections transparentes et apaisées. Et pire, Alpha lui-même n’est pas un modèle depuis qu’il a choisi d’entretenir le flou sur sa possible candidature à un troisième mandat en 2020.

Alpha Condé a en effet des difficultés depuis 2015 à apporter une solution adaptée à la crise en Guinée Bissau. Il aura du mal à rapprocher les positions au Togo. Quelle vérité dira-t-il à celui qu’il appelle son jeune frère qui peut en réalité être son fils ? Toute une question. Puisqu’au Togo, tout comme dans la plupart des pays francophones de l’Afrique, les querelles se focalisent autour des réformes démocratiques favorables à l’alternance notamment. Vient alors le troisième larron. Le militaire Mahamadou Buhari, successeur de  Good Luck Jonathan, celui-là même qui en sa qualité d’ancien chef d’Etat vient de conduire la mission d’observation de la CEDEAO au Libéria ou Ellen Johnson serlif, première femme élue chef d’Etat  d’Afrique a cédé son fauteuil sans bruit à l’ancien footballeur Mister Georges au terme de son second mandat.

Buhari ne veut pas de chef d’Etat aux allures d’un certain Yaya Djammeh que l’ancien président du continent (M. Alpha Condé) avait bien voulu soutenir. Il ne veut pas non plus de Chef d’Etat attardé comme Azali  Assoumani des îles Comores qui souhaite un mandat à vie pour les présidents en exercice de l’union africaine. Buhari veut de la paix. Il n’en a pas dans son pays paradoxalement. Mais c’est bien pour une autre raison. Les hommes d’Aboubacar Shekau leader malade du Bokoharam sèment la terreur dans l’Etat du Borno, et bien au-delà. Il ne mène un combat ni religieux, ni démocratique. L’Afrique de l’ouest, comme l’Afrique en général d’ailleurs doit accepter la vraie démocratie. Ceux qui s’interrogent ou qui souhaitent que nous ayons une démocratie africaine comme Alpha le piroguier national et Faure Gnassimgbé, réfléchissent exactement comme Gnassimgbé EyadémaYaya Djammeh et Mamadou Tandja. Ils doivent se réveiller.

Jacques LEWA   

 

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