Présidentielle au sénégal : aucune candidature féminine

Le scrutin du dimanche 24 février 2019 portant succession de Macky Sall avec désormais un mandat d’une durée de cinq ans contre sept précédemment n’a enregistré aucune candidature féminine. Hélas, les femmes ne sont pas positionnées dans ce derby électoral où les empoignades sont de plus belles.

Depuis le 20 janvier 2018, le Conseil Constitutionnel a publié la liste finale des candidats de la présidentielle au pays de la Teranga. 87 candidats potentiels s’étaient inscrits auprès du Ministère de l’Intérieur en vue de recueillir les parrainages nécessaires qui avaient pour deadline le 26 décembre 2018.

Outre celle du Président sortant Macky Sall, ont été validée les candidatures du député Ousmane Sonko, figure montante de l’opposition, ainsi que l’ancien Premier Ministre Idrissa Seck. A ceux-ci s’ajoutent un proche de d’Abdoulaye Wade (2000-2012) notamment Madické Niang, et le candidat du Parti de l’unité et du rassemblement (PUR), El Hadji Sall.

En tout, 5 hommes qui vont en découdre où plutôt 4 anciens collaborateurs de Macky Sall contre lui pour le palais présidentiel.

Aucune femme n’a daigné franchir le pas, au grand dam de la gente féminine. Celle qui se démarquait du lot était l’opposante Aissata Tall Seck, ancienne porte-parole du gouvernement d’Adbou Diouf. Mieux, en 2007 lors du Congrès du Parti Socialiste, elle fut la première femme de l’histoire de son pays à accéder au poste de Secrétaire générale de l’Union régionale de Saint Louis. Désormais, elle préfère jouer les seconds rôles en rejoignant le camp présidentiel du candidat sortant.

A part la députée-maire de Podor, aucune des sénégalaises en vue dans l’arène politique ou la société civile s’est lancée dans la conquête des suffrages universels. Est-ce à cause de la caution fixée à 30 millions de francs CFA avec la nécessité d’obtenir un parrainage qui les auraient dissuadées ?

Pourtant dans la sous-région, plusieurs ladies se sont illustrées aux rendez-vous présidentiels ces 10 dernières années.

En Guinée, on peut citer Saran Daraba et Madeleine Dioubaté qui ont fait parler d’elles. Mesdames Aminata Dramane Traoré et Djebou N’Diaye ont fait pareil au Mali voisin tandis qu’au Burkina lointain Saran Sereme a été de la partie. On n’oubliera pas qu’en Côte d’Ivoire, les femmes ont commencé à aller aux élections présidentielles depuis 2015. La preuve avec les candidatures de mesdames Henriette Lagou Adjoua et Jacqueline-Claire Kouangoua et Kacou Gnangbo.

Pays des plus stables de la sous-région à l’heure actuelle, l’absence des femmes à la présidentielle de 2019 est un vrai recul. Surtout dans un contexte où le débat autour de la parité voire la loi autour  de la promotion du genre et la légalité des chances est au cœur des débats de toutes les Assemblées Nationales.

Vivement 2024 pour voir une femme candidate au Palais Présidentiel situé au quartier Plateau à Dakar !

Idrissa Keita

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