Interview exclusive d’oumou balde : la direction de newsguinee a reçu pour vous ce matin madame oumou balde, une dame au vécu tragique et amer, un véritable conte de fée où la naïveté, la tromperie et la cruauté raisonnent comme des sons de tambours ; lisez!!

Bonjour Madame, présentez-vous s’il vous plait

Bonjour à vous Monsieur, merci de me recevoir. Je suis Oumou Baldé, j’ai 29ans, mère d’un petit garçon de 3ans 5mois.

Comment s’appelle votre ex-mari ? Est-il le père de votre enfant ?

Il s’appelle Mamadou Hassimiou Bah, médecin de profession et il vit en France. Oui en effet, c’est le père de mon fils.

Comment vous vous êtes mariés à ce Monsieur ?

Ce Monsieur a dit à ses parents qu’il voudrait se marier, ceux-ci ont organisé notre mariage et une semaine après, il est venu ici. Nous avions passé de beaux moments ensemble pendant trois semaines ensuite il s’est retourné en France ; cela s’est produit en Septembre 2013.

Vous étiez sa seule femme ?

Non, on m’avait dit qu’il avait une autre femme en France, une blanche. Ensuite, il m’a lui-même avoué que ce n’était pas sa priorité ; qu’il lui fallait absolument une guinéenne et qu’il me trouvait convenable. Il m’avait aussi rassuré qu’à terme, qu’il divorcerait avec celle-ci. Vous savez il y a beaucoup de cas comme cela ici ; c’est presqu’un fait normal donc tous mes parents, proches et amis m’ont conseillé d’y aller. L’autre motivation, c’est que nos deux pères étaient cousins donc pour moi, il n’y avait aucun risque.

Votre relation avec votre mari a donc débuté en 2013 ?

Oui c’est en septembre 2013 qu’on a organisé le mariage et c’est de là que tout est parti. Avant de se retourner en France, il m’a informé qu’il m’enverrait une invitation pour que nous passions de beaux moments en Tunisie et qu’à partir de là, nous engagerions une procédure pour que j’aille vivre auprès de lui en France.

C’est ainsi que je suis allé en Tunisie, nous nous y sommes rencontrés, nous avions habité à l’hôtel DIARLEM DINAR à HAMMAMET le 17 Janvier 2014. Après trois semaines, je suis tombée enceinte. J’ai dès lors, voulu me retourner en Guinée pour vivre cette situation qui m’était nouvelle auprès des miens mais mon ex-mari m’a répondu que c’était impossible de retourner en Guinée à cause du virus Ebola qui sévissait chez nous à l’époque ; cela s’est passé en mars 2014.

J’ai alors vécu une période de grossesse très difficile parce que d’abord, j’étais esseulée, il partait en France puis il revenait, il y faisait des vas-et-viens. Ensuite, je vivais une situation inédite dans un pays où, non seulement je ne connaissais personne mais aussi, la nourriture m’était étrangère. Ce fut dans cette situation complexe que le 14 Octobre 2014, j’ai accouché.

Votre mari était-il présent pendant votre accouchement ?

Non, il n’y était pas.

Pendant ces neufs mois de grossesse, assurait-il convenablement son rôle de mari ?

A part les vas-et-viens entre la Tunisie et la France, oui il assurait.

Dans quelle condition avez-vous accouché ?

J’ai accouché dans une clinique appelée Alyssa au Berge-Du-Lac, une très bonne clinique. J’ai accouché dans des conditions relativement bonnes. Certes, mon ex-mari n’y était pas mais j’ai été accompagnée à la clinique par une bonne dame tunisienne qui me prenait comme sa propre fille. Durant les quatre jours passés à la clinique, quatre jours parce que j’ai accouché par césarienne, cette bonne dame s’est très bien occupée de moi jusqu’au retour de mon ex-mari. Quand ce dernier fut venu, il me paraissait très content. Mais, juste trois semaines après, il m’a invité à rentrer au pays. Je lui ai proposé de nous laisser (mon bébé et moi) un peu de temps, le temps pour nous de récupérer. Mais sa décision était déjà prise et après trois semaines, nous sommes rentrés en Guinée. C’est ainsi que, le 08 Novembre 2014, je me suis retournée en Guinée avec mon enfant.

Une fois en Guinée, j’étais tombée gravement malade, on n’arrivait pas à diagnostiquer ma maladie ; en ce moment j’étais chez lui à KOBAYA.

Depuis votre retour en Guinée le 08 Novembre 2014 avec votre bébé, vous tombiez tout le temps malade ; comment vous vous êtes sortie de cette situation maladive ?

C’est quand on a réussi à bien diagnostiquer ma maladie.

Mais bien avant, je vivais dans de très mauvaises conditions parce que ma belle-mère (mère de mon ex-mari) racontait partout que son fils a épousé une femme maladive donc j’étais pratiquement devenue la risée de tous.

En fin décembre, on m’a dit de partir à Labé (chez mon beau père) mais franchement, une fois à Labé, on m’y traitait comme une bonne, comme une simple domestique ; comme si je n’étais pas membre de leur famille, cela m’a beaucoup affecté. En outre, je souhaite rappeler que ma belle-famille et moi venions d’un même village, nous appartenons à une même famille. En partant chez mon beau-père, je me disais donc que je partais aussi chez moi, c’est la raison pour laquelle j’ai d’ailleurs accepté d’y aller mais hélas.

Pour vous expliquer la situation presqu’inhumaine dans laquelle je fus plongée là-bas, avec toute la fraicheur se trouvant à Labé, ces gens, même le drap de couverture pour dormir, je n’en n’avais pas. Dans cette famille, tout le monde me détestait. Même si des visiteurs venaient me saluer, ma belle-mère continuait de plus belle ses invectives et railleries acerbes contre ma personne en clamant à tous que c’est une femme malade que son fils est allé épouser.

Chez mes beaux-parents, on me traitait avec des médicaments traditionnels. Quand j’ai eu marre de cette situation, j’ai décidé d’aller me faire une radio parce que j’avais en même temps, des côtes qui me faisaient mal. C’est ainsi qu’on m’a détecté une infiltration pulmonaire, j’avais donc la tuberculose ; on m’a alors dit de faire une ponction. Je leur ai dit que je ne peux pas faire de ponction à Labé et que je préférais rentrer chez moi.

Quand je me suis retournée à Conakry en Mars 2015, tout de suite, je me suis rendue à Ignace deen. Je suis allée à l’hôpital Ignace-deen en larme, les docteurs de là-bas m’ont rassuré de ne pas m’inquiéter et que le type de tuberculose que j’avais n’était pas contagieux et après consultation, ils ont conclu que mon bébé n’avait rien. Du coup, j’ai appelé mon ex-mari qui était toujours en France pour lui faire part de la situation, il m’a conseillé de prendre les médicaments suivant les normes et que tout se passerait très bien.

C’est comme cela que j’ai commencé à prendre les médicaments, j’ai fait la ponction et tout commença à rentrer dans l’ordre ; je commençais à me porter de mieux en mieux, je ne manquais plus de respiration. Pendant quatre mois, j’ai suivi scrupuleusement les prescriptions des médecins.

En mi-juin 2015, mon ex-mari rentra au pays ; avant même qu’il ne revienne, il me disait souvent qu’il ne voudrait pas avoir une femme qui ne ferait que les tâches ménagères à la maison donc, il disait qu’il fallait que je fasse une activité professionnelle. Donc, quand il fut de retour à Conakry, il m’a dit : ‘’Oumou comme tu vas bien maintenant, il faut que tu penses à travailler ; tu me disais un moment que tu souhaitais aller au Ghana pour faire des études de langues. Je pense que tu dois en faire ta priorité’’ ; je lui ai répondu oui en effet mais, je lui ai opposé un bémol, celui relatif à ma nouvelle situation, celle d’une mère qui doit bien élever son enfant en étant le plus proche possible de lui ; et il me restait alors 2mois pour terminer mes prises de médicament pour la tuberculose.

Il m’a rétorqué en disant : ‘’Non Oumou, ne t’inquiète pas pour le bébé, il ne tète plus maintenant ; toi vas-y et commence tes études. Notre enfant et moi-même te rejoindrons au Ghana une fois que tu t’y serais bien installée et, à mon niveau, il n’y a aucun problème, nous allons même l’inscrire dans une crèche près de la maison que tu prendras là-bas.

Mais bien avant, il faut que j’emmène notre garçon avec moi en France pour le faire une visite médicale vu qu’à l’hôpital ici, il n’y a pas de scanner pour bébé et personne ne peut me rassurer si mon enfant est atteint ou pas de maladie’’.

Après qu’il ait réussi à me rassurer, je n’avais plus aucun argument pour l’opposer un quelconque refus ; j’étais au contraire très excitée de partir pour que mon bébé et mon mari me rejoignent rapidement après la visite médicale en France.

C’est ainsi que je fus parti au Ghana en fin Juin 2015, je me suis inscrite dans une école de langue et je m’y suis bien installée. Mon ex-mari et moi parlions souvent au téléphone, je lui faisais très souvent part de la nostalgie de mon enfant et de lui ; de son côté, il me rassurait toujours de ne point m’inquiéter et qu’il démarchait dans ce sens déjà.

Mais après un mois sans de bonnes perspectives de retrouver mon enfant, je commençais à m’inquiéter sérieusement mais il me disait toujours de lui laisser un peu de temps. Dans cette longue attente de mon garçon, deux mois plus tard, comme pour ne rien arranger, il m’appela pour me dire : « Oumou, entre nous, c’est fini »

Directement ?

Oui en effet.

D’accord, continuez

Donc, je lui réponds : ‘’wow, comment ça entre nous, c’est fini. Qu’est-ce qui est fini ? qu’est-ce que je t’ai fait ?’’ il me réponda : ‘’quand tu fus partie à Labé, tu t’es disputée avec la femme de mon frère. Tout le monde sait que celle-ci est folle et toi tu pars te disputer avec ma belle-sœur jusqu’à te battre avec cette pauvre dame.’’ Il continua en me disant que c’est fini et que sa mère lui aurait fait son rapport sur moi parce que justement, lui n’étant jamais là.

Après suis revenue vers lui pour lui dire mais comment as-tu réussi croire à de telles balivernes ? comment peux-tu garder de telles histoires sans jamais daigner me faire directement le moindre reproche ; il me rétorqua ‘’de toute façon, entre nous, c’est terminé. Je n’ai plus rien à ajouter.’’

Ensuite, je lui ai envoyé un message téléphonique clamant son pardon, ma disponibilité à repartir demander pardon à tout le monde pardon (non seulement à l’endroit de tous ceux à qui j’ai fait du tort mais aussi à tous ceux à qui je n’ai rien fait) ; bref tous les mots qu’il fallait pourvu qu’il revienne à de meilleurs sentiments mais impossible, sa décision était déjà prise. C’est là-bas j’ai cassé le portable, j’ai crié. Pendant deux jours, je ne faisais que pleurer. Puis, j’ai fait un arrêt cardiaque ; il a fallu que mes voisins viennent me sauver en m’envoyant de vitesse à l’hôpital ‘’Thirty Seven Military Hospital‘’ vers 02H du matin. C’est de là qu’on m’a diagnostiqué une gastrite. Ils m’ont aussi conseillé d’éviter de m’esseuler, d’éviter de me morfondre sur mes malheurs ; bref ils m’ont dit de m’ouvrir aux autres et d’accepter de parler.

Et sa famille dans tout ça ?

Ecoutez, il est bien clair que mes malheurs ne sont pas étrangers à ma belle-mère. Mais quand j’ai appelé son père (mon beau-père), il m’a dit qu’il était surpris et que son fils ne lui aurait jamais parlé d’un quelconque divorce. Il m’a enfin dit de vite terminer mes études puis de me retourner en Guinée et que tout rentrerait dans l’ordre.

Quand il m’a dit cela, je me suis calmée mais pour tout vous dire, cette situation m’a prise deux longs mois avant que je ne reprenne les cours.

Après ces deux mois, un jour, mon ex-mari m’appela pour me dire Oumou, si tu ne peux plus suivre les cours, il faut rentrer au pays. En fait, c’est ce jour que je me suis levée pour reprendre mes cours et quand il m’arrive de lui demander mon enfant, il me répondait : ‘’Non ne t’inquiètes pas, il va très bien’’. IL continuait toujours à m’envoyer de l’argent.

Quand la période de fin des cours fut arrivée, il me fit comprendre de rentrer en Guinée et qu’il ne pouvait plus continuer à payer mes cours. Je lui ai alors supplié de m’aider jusqu’au mois de février pour rattraper les deux mois que j’ai passé à la maison sans suivre les cours. Il a fallu que son grand frère Korka intervienne pour qu’il accepte de me financer pour les deux mois qui me restaient (j’ai encore les SMS pour le confirmer).

Le mois de févier arrivé, il m’a envoyé de l’argent pour payer le reste de ma scolarité et rentrer au pays. Avant de rentrer en Guinée, j’ai essayé d’appeler sa maman mais hélas cette dame n’a jamais daigné répondre à mes appels. C’est ainsi que j’ai décidé de rester au Ghana et comme la location était chère, j’ai aménagé avec des copines pour survivre ; d’ailleurs, celles-ci constituaient désormais ma famille. Au mois d’Avril, nous sommes rentrées chez ces dernières au Mali puis en Côte d’ivoire ensuite j’ai fait un tour en Guinée. Connaissant ma nouvelle réalité, au mois d’octobre, je me suis retournée au Ghana pour des études professionnelles en Banque-et-Finances et un texte en anglais à l’Université de Lagon.

Et ton ex-mari dans tout ça ?

Le 06 janvier 2017, il m’a recontacté. Dans son message, il écrivait « Bonjour Oumou, nous te souhaitons une excellente année 2017 ; Nasser (nom de mon garçon) va bien. Donnes nous de tes nouvelles. »

Le 07 Janvier 2017, quand j’ai vu son message, j’étais effondrée. Quand je me suis ressaisie, je lui ai répondu en ces termes : « Bonjour Dr, j’espère que vous allez bien aussi ? ça me surprend que tu m’écrives après près qu’une année ; je vais bien par la grâce de Dieu. Saches que ton silence pendant tous ces longs mois où je t’ai écrit je ne sais combien de fois pour te demander les nouvelles de mon enfant et dont tu n’as jamais répondu me surprend encore plus. Je ne croyais pas que sur terre, un homme pouvait être aussi cruel au point d’arracher un enfant à l’affection de sa mère mais Dieu est le seul apte à juger de ton acte. Merci, bonne et heureuse année aussi et bien de choses à mon fils adoré, je l’aime de tout mon cœur ; dis-le-lui »

Et c’est là que nous avions recommencé à échanger ; j’ai encore l’ensemble de nos conversations avec moi.

Continuez-vous toujours à échanger avec votre ex-mari ?

Depuis le 02 Février 2018, il n’y a plus aucun échange entre lui et moi.

Pourquoi ?

Il m’a bloqué sur Facebook, il ne répond même plus à mes appels.

De l’autre côté, c’est aussi parce que j’ai tout fait pour que ce Monsieur m’aide à voir mon enfant mais impossible. Quand nous avions repris le contact en Janvier 2017, il me disait tout faire pour m’aider à partir en France ne serait-ce qu’un petit séjour pour que je vois mon fils mais ce n’était que des mensonges. Après son alibi était qu’il voulait toujours m’aider mais que le billet d’avion et le logement coutaient très chers en France.

Pour pallier à cela, je suis allée jusqu’à lui dire que j’étais disposée à payer mon billet d’avion et que mon ami Alpha Diallo qui vit en France était bien disposé à m’héberger pour le temps de mon séjour ; malgré tout cela, il continuait toujours à me mentir. Quand je me suis rendue compte que son but final était de m’éloigner le plus possible de mon enfant, je lui ai alors menacé d’une poursuite en justice ; il m’a rétorqué qu’il m’attend en justice et qu’il est pressé qu’on atteigne cette phase. A ce jour, c’est là où nous sommes lui et moi.

Et vos beaux-parents dans tout ça ?

Silence radio, quand j’appelle, personne ne prend et je ne suis pas prête pour me retourner dans cet enfer réel.

Quelle est ta situation aujourd’hui ?

Ma situation, elle est délicate. Je vie avec mes parents et je me débrouille un peu.

Et tes parents que disent-ils ?

Mon père est décédé en octobre 2011 ; ma mère, elle ne peut pas dire grand-chose parce qu’elle n’est qu’une femme et chez nous, les choses comme ça sont du ressort des hommes. Ma maman me soutien autant qu’elle peut, quand je pleure elle pleure, elle est toujours là auprès de moi. Mais en réalité, c’est parce qu’elle ne peut rien faire sinon nous ne serions pas là.

Pensez-vous que les parents de votre ex-mari sont complices dans cette affaire ?

Moi je ne veux accuser personne mais tout ce que je peux dire, c’est qu’ils ne peuvent qu’être complices. Figurez-vous depuis que je suis revenue, ils savent tous que je suis là et personne n’a daigné venir me voir ou me demander qu’est-ce qui s’est passé pendant tout ce temps ? est-ce que je suis en contact avec mon garçon… c’est un silence de cimetière de ce côté ; je dirai même un silence coupable.

Comment compter vous, vous sortir de cette situation dramatique ? à présent, quelles sont vos priorités ?

Ma priorité demeure mon enfant, du début jusqu’ici, il demeure ma seule et unique priorité ; je veux voir mon bébé, c’est mon droit de mère de le revendiquer, je suis prête à tout pour le prendre ne serait-ce que d’une seule seconde dans mes bras.

Maintenant, vu là où nous sommes, je ne peux compter que sur la justice. Avec des personnes de bonne volonté, je vais saisir des avocats non seulement ici en Guinée mais aussi en France. Je suis pleinement disposée à me battre par tous les moyens légaux pour retrouver mon enfant.

Merci à vous Madame

Merci à vous ‘’les voix des bouches qui n’ont point de voix’’ et j’espère vivement que cette interview sera le début de la justice non seulement pour mon garçon et moi mais aussi pour toutes les femmes placées malgré elles dans de telles situations inhumaines.

 

The CHERINGAN

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