Interdiction des marches : l’ogdh marque sa position et apporte son soutien aux forces sociales

C’est à travers une déclaration lue lors de la conférence de presse qu’elle a tenu ce lundi 6 août 2018, à la maison de la presse, que l’Organisation Guinéenne de Défense des Droits de l’Homme et du Citoyen (OGDH), a fermement condamnée la décision du gouvernement guinéen interdisant les marches pacifiques dans le pays.

El Hadj Mamadou Malal, vice-président et président par intérim de l’OGDH, a d’entrée de jeu déclaré que l’interdiction générale, qu’elle soit écrite ou verbale, par des discours ou par média interposé, constitue une violation grave d’un droit reconnu par la constitution guinéenne du 07 mai 2010, en son article 10.

De ce fait, au nom de l’organisation, il déplore et condamne fermement cette interdiction systématique et générale du droit de manifestation : « sans oublier l’usage disproportionné de la force lors des manifestations du 23 juillet 2018, tant à l’égard des Forces Sociales de Guinée, mais aussi du mouvement syndical guinéen. De nos jours, un nombre important de manifestants sont alités suite à l’usage excessif des gaz toxiques », a-t-il ajouté.

Au cours de cette même conférence de presse, l’OGDH a rappelé que la liberté de manifestation est un droit qui se situe au cœur du processus démocratique que le peuple de guinée est en train de construire. Pour elle, personne n’a le droit d’interdire à un groupe de personnes de s’exprimer en sa manière, surtout la base d’arguments qui ne sont pas fondés.

Poursuivant, il rappelle au gouvernement que son devoir régalien est de prendre les dispositions nécessaires pour garantir aux citoyens la jouissance du droit constitutionnel de manifester en République de Guinée. Et au pouvoir judiciaire, de veiller à ce que les actes réglementaires contraires à la constitution ne s’appliquent pas aux populations : « Ceux qui, par excès de zèle, s’évertuent à violer la Constitution doivent être traduits en justice », souligne-t-il.

Par ailleurs, l’organisation affirme qu’elle soutient les forces sociales de Guinée et le mouvement syndical guinéen dans leur lutte légitime pour la sauvegarde des intérêts du peuple. Toutefois, elle leur demande d’agir dans le respect de la loi et de s’abstenir de tout recours à des violences inutiles.

Saran TRAORÉ

 

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