La question de la salubrité publique en guinée, révélatrice des problématiques de gestion urbaine

L’épidémie d’Ebola a mis en lumière les nombreux dysfonctionnements du système sanitaire guinéen. Par delà les conséquences économiques et quelques milliers victimes, la particularité du virus Ebola, de par sa très grande contagiosité, a contraint les populations à adopter des changements anthropologiques nouveaux en particulier dans le rapport aux malades et aux morts.

L’Etat, en accord avec le PNUD, a conclu un accord avec la Banque Mondiale et le Fonds monétaire international pour la fourniture de services de gestion et d’autres services d’appui au Fonds National de Relance et de Résilience post-Ébola (FNRPE). A travers ce fonds qui constitue un mécanisme spécifique de mobilisation des financements et d’exécution des projets, l’Etat guinéen compte mobiliser 500 millions de dollars supplémentaires. Cinq secteurs sont visés allant de la relance économique, la formation professionnelle, l’entreprenariat, l’emploi jeunes et femmes, ou encore la santé, la réduction des risques, la protection sociale, le soutien aux groupes vulnérables en passant par la gouvernance et la cohésion sociale mais aussi la gestion de l’eau, l’hygiène et l’assainissement. La réalisation de ces objectifs susmentionnés doit être articulée à un travail de pédagogie, de prévention et de sensibilisation auprès des populations dont une partie fait preuve au mieux d’inculture et de méconnaissance des risques encourus, et au pire d’incivilité ou d’irresponsabilité. Il faudrait tenir les deux bouts de la chaine.

La question de l’insalubrité publique à Conakry n’est qu’un volet d’un ensemble de problématiques sociales, sanitaires et environnementales auxquelles notre pays fait face. Elle a été éclairée d’un jour nouveau suite à l’actualité récente du drame survenu il y a une dizaine de jours à Dar-Es-Salam où sept personnes ont perdu la vie et de l’appel écœuré du Cardinal Robert Sarah, ancien Archevêque de Conakry. De manière plus générale, il faut se placer dans une vision globale de gestion urbaine pour régler, entre autres, cette dimension de l’hygiène publique. Conakry, capitale symptomatique de la défaillance du système de gestion des ordures, est devenue un gros faubourg surpeuplé de plus de deux à trois millions d’individus. Cette surpopulation n’est absorbée par aucune mesure d’aménagement du territoire, les rues étroites sont jonchées d’immondices, les difficultés de transports publics sont une constance, ce qui entraîne une explosion des véhicules de particuliers. Ces derniers venus d’Occident retrouvent une seconde vie avec un pouvoir pollueur qui ne trouve aucune réponse efficace en face. Toute cette surchauffe requiert une ingénierie sociale et technique bien particulière qui manque pour l’heure à nos gouvernements. C’est cela l’enjeu de santé publique qui urge pour nous et pour nos enfants. Nous n’y arrivons qu’en arrimant aux politiques publiques, un changement de mentalité et de comportement de nos populations. Tel est notre défi !

 

Sayon DAMBELE

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